Accueil Aquaculture multitrophique intégrée

Aquaculture multitrophique intégrée

Nos chercheurs mettent actuellement en place un programme d’aquaculture multitrophique particulièrement novateur : l’idée, nourrir une seule espèce pour en élever plusieurs, et transformer les déchets en ressources. Un bel exemple de bioremédiation, ou lorsque le vivant remplace la technologie !

« Le but de l’aquaculture multitrophique, expliquent le Dr Rémy Simide et Thomas Miard, ingénieur aquacole, responsables du programme, est de pouvoir élever plusieurs espèces à partir de l’alimentation donnée à une seule d’entre elles. Les autres espèces utilisent les déchets produits par la première pour se développer. » Les élevages seront ainsi plus efficaces, plus rentables et plus soucieux de l’environnement : la quantité de nourriture nécessaire est moins importante, et l’eau est naturellement épurée par les organismes présents dans le « circuit ». Outre les loups, le programme mis en place associe les oursins comestibles, les ulves, les moules, des vers marins et une espèce de bigorneaux : les ulves et les vers se développent grâce aux déchets des poissons, les oursins mangent les ulves, les moules et les gastéropodes filtrent et nettoient…. Et si des essais ont déjà été menés en associant deux ou trois espèces complémentaires, « c’est la première fois, expliquent les chercheurs, qu’un écosystème vraiment autonome va être recréé. » L’expertise de l’Institut, en matière notamment d’élevage d’oursins, de loups et de daurades, offre aujourd’hui le recul indispensable pour maîtriser tous les maillons de la chaîne alimentaire.

JPEG - 61 ko
Mise en place des bassins d’aquaculture multitrophique intégrée à l’Institut. (Image Rémy Simide)

L’aquaculture, une solution indispensable pour l’avenir

Comme le rappelait Jérôme Hussenot, Expert en Aquaculture et Environnement (IKT*HUS Consulting), lors du cinquantième anniversaire de l’Institut*, « l’aquaculture est une solution indispensable pour l’avenir, même si en France il n’y a encore que 10% d’élevage et 90% de captures. Nous devons simplifier l’installation de nouvelles fermes, mais aussi trouver comment transformer les déchets en ressources, en associant notamment plusieurs espèces...  » Il s’agit donc d’apporter une réponse concrète à l’aquaculture moderne qui, si elle est perçue comme une solution à la surpêche, accroît elle aussi la pression exercée sur le milieu dans sa version classique. Les poissons étant nourris par des produits issus de poissons capturés en mer, il faut d’une part diminuer la quantité d’aliments nécessaires, mais aussi essayer de les nourrir autrement. Les scientifiques étudient donc également la possibilité de remplacer les farines de poisson par des farines d’insectes d’élevage.

JPEG - 37.2 ko
Jeunes oursins sur des ulves, végétaux dont ils se nourrissent en milieu naturel

*(Colloque « Bâtisseurs de conscience - Mer Méditerranée, océan modèle », 50ème anniversaire de l’Institut océanographique Paul Ricard, 9 juillet 2016)